{"id":1561,"date":"2019-11-04T10:24:21","date_gmt":"2019-11-04T10:24:21","guid":{"rendered":"http:\/\/www.andreaheller.ch\/?p=1561"},"modified":"2023-09-25T12:46:54","modified_gmt":"2023-09-25T12:46:54","slug":"text-by-olivier-kaeser-2019","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.andreaheller.ch\/?p=1561","title":{"rendered":"Hybridations construites, une exploration du travail d\u2019Andrea Heller de Olivier Kaeser, 2019"},"content":{"rendered":"<p>(fran\u00e7ais)<\/p>\n<p>En 2002, Andrea Heller r\u00e9alise Netze, une oeuvre compos\u00e9e de deux grandes feuilles de papier (250 x 150 cm chacune) sur lesquelles elle dessine \u00e0 l\u2019encre un motif de mailles en losanges, puis d\u00e9coupe tous les vides<br \/>\nentre les lignes qui se croisent. L\u2019oeuvre est fix\u00e9e au mur par le haut, et se d\u00e9roule jusqu\u2019au sol. Elle a l\u2019aspect g\u00e9n\u00e9ral d\u2019un filet de voli\u00e8re ou de p\u00eache, ou encore d\u2019un treillis m\u00e9tallique, \u00e0 la diff\u00e9rence pr\u00e8s que le papier d\u00e9coup\u00e9 est tr\u00e8s fragile. Le titre Netze contient aussi l\u2019autre sens du mot, les r\u00e9seaux, qu\u2019ils soient humains ou informatiques.<br \/>\nCette oeuvre peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme fondatrice du travail. Elle met en place une technique, l\u2019encre sur papier, et un motif, la maille en losange, qui vont devenir r\u00e9currents. Elle ouvre sur des domaines tels que l\u2019architecture (treillis) et la nature (voli\u00e8re, p\u00eache). Elle joue sur des sensations contrast\u00e9es, entre la fragilit\u00e9 du papier d\u00e9coup\u00e9 et la solidit\u00e9 du filet ou du grillage. \u00c0 propos de contraste, il existe une photo (1) d\u2019un jeune homme \u00e0 quatre pattes, dont le corps est recouvert de Netze. Elle t\u00e9moigne d\u2019une action sans public r\u00e9alis\u00e9e par l\u2019artiste, et souligne la nature ambivalente de l\u2019oeuvre, qui, bien que fragile, immobilise le corps d\u2019une personne. L\u2019artiste instaure une r\u00e9flexion sur des notions telles que vuln\u00e9rabilit\u00e9, pi\u00e8ge, protection et domination, dont le corps, humain ou animal, est souvent le sujet.<\/p>\n<p><strong>Le motif<\/strong><br \/>\nAndrea Heller utilise r\u00e9guli\u00e8rement le motif compos\u00e9 de damiers en losanges, qu\u2019elle d\u00e9cline de mani\u00e8re libre et organique. Entre 2007 et 2012, trois oeuvres sur papier intitul\u00e9es Versteck d\u00e9veloppent ce motif dans une version \u00e0 la fois souple et rigide. Elles \u00e9voquent une couverture \u00e0 l\u2019imprim\u00e9 g\u00e9om\u00e9trique qui recouvrirait des formes, peut-\u00eatre des corps, hypoth\u00e8se \u00e9tay\u00e9e par le titre. On peut aussi y voir quelque chose de min\u00e9ral, comme une rose des sables aux reliefs r\u00e9guliers et aux fines ar\u00eates. Ou y d\u00e9celer un clin d\u2019oeil \u00e0 des architectures con\u00e7ues par des logiciels 3D qui permettent de sculpter des fa\u00e7ades comme des voiles ondoyantes. D\u2019autres oeuvres proposent un d\u00e9veloppement plus naturaliste du losange, qui s\u2019ovalise : Widerstand, 2011, est compos\u00e9e de deux grappes ou groupes qui se rejoignent, des gouttes en haut et des d\u00f4mes en bas. Est-on dans un registre v\u00e9g\u00e9tal, min\u00e9ral, cellulaire ? Ou dans un affrontement entre deux foules vu du ciel ?<\/p>\n<p>Ce genre de questionnement est fr\u00e9quent face aux oeuvres d\u2019Andrea Heller. On pense voir quelque chose de familier, et si on change d\u2019\u00e9chelle et de point de vue, on d\u00e9c\u00e8le une r\u00e9f\u00e9rence tr\u00e8s diff\u00e9rente. Schneegrenze I, II et III, 2011\u2013 2013, se r\u00e9f\u00e8rent plus clairement aux cimes arrondies des montagnes, alors que Untitled (smoke), 2015, sch\u00e9matise l\u2019\u00e9ruption d\u2019un volcan. Le paysage, la m\u00e9t\u00e9orologie, le temps long g\u00e9ologique et le temps plus court des saisons int\u00e9ressent l\u2019artiste. Ce motif, Andrea Heller ne cesse de le moduler : le treillis initial devient damier en losange, le losange \u00e9volue en triangle ou en pyramide, il s\u2019arrondit pour devenir un c\u00f4ne ou un d\u00f4me, qui, selon son positionnement, peut \u00e9voquer un bol, un mont, un d\u00e9 \u00e0 coudre, un sein, un volcan. Le plein joue avec le vide, on est dans des registres g\u00e9om\u00e9triques, mais aussi v\u00e9g\u00e9taux et min\u00e9raux, ou m\u00eame sexuels, dans le cas de c\u00f4nes allong\u00e9s tant\u00f4t pleins et tant\u00f4t vides.<\/p>\n<p><strong>L\u2019archive<\/strong><br \/>\nComment Andrea Heller constitue-t-elle son vocabulaire formel et ses explorations th\u00e9matiques ? Pour comprendre, il est utile de se pencher sur son archive, commenc\u00e9e en 1998. Elle est compos\u00e9e de photos prises par l\u2019artiste, d\u2019images d\u00e9coup\u00e9es dans des journaux, trouv\u00e9es sur Internet ou encore scann\u00e9es dans des livres et imprim\u00e9es. Quand apparaissent les journaux gratuits, vers 2002, elle est frapp\u00e9e par la proximit\u00e9 d\u2019images de natures tr\u00e8s diff\u00e9rentes, guerres, catastrophes naturelles, glamour, politique, sport, insolite. Elle en d\u00e9coupe beaucoup, les sorts de leurs contextes pour construire sa propre histoire. En 2005 \u2013 2006, elle r\u00e9alise des collages contenant des images issues de son archive (2). En 2015, elle va plus loin sur un mode similaire, avec Vitrine 1, 2 et 3. Elle construit des cloches en forme de d\u00f4me irr\u00e9gulier, compos\u00e9es de morceaux de verre coll\u00e9s. Ces cloches donnent leur forme \u00e0 des socles, sur lesquelles elle rassemble des ensembles d\u2019images. Les sujets, tels que paysages, animaux, v\u00e9g\u00e9taux, catastrophes, architectures, apparaissent souvent par des fragments, font la part belle \u00e0 l\u2019\u00e9trange (mouton submerg\u00e9 par sa propre laine, formes recouvertes de b\u00e2ches, rituels myst\u00e9rieux, OVNI), et \u00e0 l\u2019impermanence (maisons ou for\u00eats incendi\u00e9es, village d\u00e9truit par une avalanche, caravane coup\u00e9e par un arbre). Cette archive irrigue tout le travail, de mani\u00e8re plus ou moins directe et reconnaissable.<\/p>\n<p><strong>Des documents de r\u00e9f\u00e9rence<\/strong><br \/>\nLa forme des cloches en verre des vitrines se r\u00e9f\u00e8re aux contenus de livres hippies des ann\u00e9es 1970, tels que Shelter ou Nomadic Furniture (3), qui donnent des modes d\u2019emploi pour la construction d\u2019architectures d\u2019appoints. Ces publications de la culture \u00ab Do it yourself \u00bb (DIY) sont une mine d\u2019informations sur les grottes, huttes, tentes, d\u00f4mes, leur histoire et leurs sp\u00e9cificit\u00e9s chez les Am\u00e9rindiens et chez les Europ\u00e9ens. Elles expliquent la construction de tous types de d\u00f4mes, dont la structure est bas\u00e9e sur la fameuse forme en damier triangle \/ losange ch\u00e8re \u00e0 Andrea Heller. Elles abordent les questions des mat\u00e9riaux, des modes de vie nomades, informent sur l\u2019\u00e9nergie, l\u2019eau, la nourriture, les d\u00e9chets, s\u2019inscrivant dans les d\u00e9buts de l\u2019\u00e9cologie politique. Quelques ann\u00e9es plus tard, autour de 1980, les parents d\u2019Andrea Heller se rassemblent avec d\u2019autres familles pour construire des lotissements en coop\u00e9ratives<br \/>\nd\u2019habitat. Int\u00e9ress\u00e9e \u00e0 mieux comprendre le contexte qui a permis ce mode de vie, l\u2019artiste trouve plus r\u00e9cemment un ouvrage consacr\u00e9 \u00e0 ce mouvement Selbstbau, Das andere Neue Wohnen \u2013 Neue Wohn(bau)formen (4), dont le propos sur la construction amateur en Suisse est notamment bas\u00e9 sur une initiative du Conseil f\u00e9d\u00e9ral relat\u00e9e ainsi : \u00ab En 1978, l\u2019Office f\u00e9d\u00e9ral du logement, un jeune organisme tenu par des fonctionnaires actifs et comptant parmi les promoteurs importants \u00e0 Berne, organise un<br \/>\ncongr\u00e8s de travail consacr\u00e9 aux \u2039 logements b\u00e2tis et administr\u00e9s par les habitants eux-m\u00eames \u203a. \u00bb Ce mouvement est une sorte de rebond \u00ab \u00e0 la suisse \u00bb de la culture DIY am\u00e9ricaine.<\/p>\n<p><strong>L\u2019architecture<\/strong><br \/>\nDe nombreuses oeuvres manifestent son int\u00e9r\u00eat pour l\u2019architecture, telles que \u00dcberbau, 2005, qui repr\u00e9sente un amoncellement de cubes en bois rouge. Cette encre sur papier \u00e9voque \u00e0 la fois un ch\u00e2teau m\u00e9di\u00e9val stylis\u00e9, des brise-lames ou une sc\u00e9nographie destin\u00e9e \u00e0 accueillir des acteurs et des actions. Andrea Heller choisit le titre en allemand, car il permet de jouer entre le sens de \u00ab theoretischer \u00dcberbau \u00bb, utilis\u00e9 pour qualifier les constructions th\u00e9oriques v\u00e9hicul\u00e9es par une oeuvre d\u2019art, et celui de \u00ab \u00dcberbauung \u00bb, qui concerne, en Suisse, les constructions r\u00e9alis\u00e9es sur d\u2019anciens terrains agricoles ou industriels, en respectant le cadre de l\u2019am\u00e9nagement du territoire. Les r\u00e9f\u00e9rences au Selbstbau ne sont pas loin.<br \/>\nPanzersperren, 2006, explore le registre de l\u2019architecture de d\u00e9fense, car en Suisse, ces formes pyramidales au sommet plat sont assimil\u00e9es aux \u00ab toblerones \u00bb, ces blocs de b\u00e9ton en dents de dragons construits au d\u00e9but de la deuxi\u00e8me guerre mondiale comme lignes de fortifications face \u00e0 la menace allemande, et encore pr\u00e9sents aujourd\u2019hui (5). Barricade, 2015, confirme cet attrait pour les structures de protection, revisitant autant le ch\u00e2teau m\u00e9di\u00e9val que les constructions provisoires des manifestations de rue. Pour la Salle Poma du Centre d\u2019art Pasquart, Andrea Heller con\u00e7oit sa premi\u00e8re installation monumentale, L\u2019Endroit de l\u2019envers, 2019. Des panneaux appuy\u00e9s les uns contre les autres font penser \u00e0 un ch\u00e2teau de cartes, qui a l\u2019ambition d\u2019un grand oeuvre et la fragilit\u00e9 de l\u2019\u00e9quilibre inh\u00e9rent \u00e0 ce jeu de construction \u00e9ph\u00e9m\u00e8re. Ces panneaux sont irr\u00e9guliers<br \/>\ndans leurs dimensions, leur surface est trait\u00e9e en couleur sombre, l\u2019impression qui s\u2019en d\u00e9gage est tr\u00e8s diff\u00e9rente selon le point de vue, et, pour la premi\u00e8re fois, il ne s\u2019agit pas d\u2019une repr\u00e9sentation sur papier ou sur toile, mais d\u2019une sculpture \/ structure \/ architecture qui s\u2019impose dans l\u2019espace et que l\u2019on d\u00e9couvre en se d\u00e9pla\u00e7ant. Cette oeuvre est \u00e0 la fois une sorte de fragment d\u2019architecture issue de la culture DIY, une structure de barricades \u00e9rig\u00e9e pour les combats de rue, et un jeu d\u2019enfant \u00e0 taille d\u2019adulte. L\u2019ensemble est ambivalent, entre micro et macro, r\u00e9sistance et fragilit\u00e9, construit et d\u00e9truit, ludique et politique.<\/p>\n<p><strong>La nature<\/strong><br \/>\nLa nature fait aussi partie des pr\u00e9occupations d\u2019Andrea Heller. Dans la s\u00e9rie Meteorit, 2005 \u2013 2006, de grandes surfaces noires peintes \u00e0 l\u2019encre et au spray, contenant une variation organique du motif triangle \/ losange, affirment un int\u00e9r\u00eat pour le temps long du min\u00e9ral qui constitue les plan\u00e8tes. On croit pouvoir \u00ab sentir \u00bb la mat\u00e9rialit\u00e9 de la pierre par le traitement intense et profond de la couleur et du motif. L\u2019aquarelle et<br \/>\nencre sur papier Fundament, 2014, pr\u00e9sente aussi une surface noire, qui \u00e9voque l\u2019int\u00e9rieur d\u2019une grotte aux \u00e9paisses stalagmites et aux fines stalactites, dans une atmosph\u00e8re myst\u00e9rieuse et obscure. Dans un registre sculptural, l\u2019oeuvre Untitled (pompons), 2007\u2013 en cours, a un statut particulier, car il est \u00ab site specific \u00bb et \u00e9volutif. Compos\u00e9e de pompons en laine noire, elle est diff\u00e9rente \u00e0 chaque pr\u00e9sentation, car d\u2019une part elle peut est install\u00e9e \u00e0 un radiateur, devant une fen\u00eatre ou \u00e0 un tuyau au plafond, et d\u2019autre part elle grandit, car l\u2019artiste ajoute des pompons. Ainsi, le pompon prend une signification bien diff\u00e9rente qu\u2019une boule de laine r\u00e9confortante. Si l\u2019aspect peut faire penser \u00e0 des coraux ou des pierres volcaniques, la prolif\u00e9ration \u00e9voque plut\u00f4t des champignons, une cellule<br \/>\nvirale qui se d\u00e9veloppe, ou encore une colonie de petits \u00eatres vivants qui se blottissent en essaim, par exemple autour d\u2019une zone de chaleur.<\/p>\n<p><strong>L\u2019hybridit\u00e9<\/strong><br \/>\nSi le motif du damier losange \/ triangle, l\u2019archive, l\u2019architecture et la nature mettent en relief le syst\u00e8me de pens\u00e9e et la pratique d\u2019Andrea Heller, il est une notion qui englobe l\u2019ensemble de son travail, c\u2019est l\u2019hybridit\u00e9. L\u2019oeuvre en relief, encre et papier d\u00e9coup\u00e9 dans un cadre, intitul\u00e9e Die Wurzeln sind die B\u00e4ume der Kartoffeln (6), 2005, en est embl\u00e9matique. Que voit-on ? A priori, des arbres noirs aux branches \u00e9paisses et pointues, et \u00e0 leurs pieds deux formes ovo\u00efdes inclin\u00e9es (7). Le titre signifie \u00ab Les racines sont les arbres de pommes de terre \u00bb. Alors s\u2019agit-il d\u2019arbres ou de racines ? Les branches semblent tellement coupantes, sommes-nous dans un registre v\u00e9g\u00e9tal ou est-ce une multiplication des lames d\u2019Edward aux mains d\u2019argent ? Les formes ovo\u00efdes figurentelles des pommes de terre, des fant\u00f4mes, des corps encagoul\u00e9s? On peut aussi y voir un clin d\u2019oeil aux figures de l\u2019ours et du rat dans le film Der Rechte Weg de Fischli &amp; Weiss.<br \/>\nLe corps humain est un des \u00e9l\u00e9ments les plus hybrides du vocabulaire de l\u2019artiste. En parcourant ses oeuvres, on peut voir par exemple un corps-t\u00eate en carotte, stalagmite, tubercule, intestin, clocheton, menhir, insecte, cercueil, ballon ou rocher, le plus souvent muni de jambes, parfois de bras, qui constituent un \u00abbestiaire\u00bb anthropomorphique et fantasmagorique. Le corps est aussi trait\u00e9 par fragments, un cr\u00e2ne-patate-hibou-pingouin, une main-gant-st\u00e8lemuraille ou encore des seins-implants-soutien-gorgecouvres th\u00e9i\u00e8re-cloches \u00e0 fromage-mignardises.<br \/>\nTrois s\u00e9ries r\u00e9centes portent l\u2019hybridit\u00e9 encore plus loin. D\u2019une part, quatre grandes encres sur toile portent le m\u00eame sous-titre (a specific place), notion qui n\u2019existe que dans la t\u00eate de l\u2019artiste, mais qui devient un \u00ab lieu \u00bb sur la toile. Two rooms est une fusion troublante entre des montagnes et un visage, Wall explore un registre entre le mol\u00e9culaire et le construit, No entry se situe \u00e0 l\u2019or\u00e9e de la montagne, du canyon et de l\u2019architecture minimale, alors qu\u2019une silhouette post-humaine mena\u00e7ante semble surgir d\u2019un couple aux t\u00eates de b\u00e2timents dans Shadows.<br \/>\nD\u2019autre part, la s\u00e9rie de sculptures Magnitudes, 2018 \u2013 2019, explore la forme du c\u00f4ne, plus ou moins large ou allong\u00e9, opaque et \u00e0 la surface irr\u00e9guli\u00e8re pour celles r\u00e9alis\u00e9es en c\u00e9ramique peinte, transparente et lisse pour celles en verre souffl\u00e9. Les r\u00e9f\u00e9rences au sein, au bol, au vase, \u00e0 la matrice, au p\u00e9nis, \u00e0 la montagne, au volcan, \u00e9mergent tour \u00e0 tour.<br \/>\nEnfin, la s\u00e9rie de sculpture en pl\u00e2tre Terrain vague (8), 2019, qui comporte \u00e0 ce jour 37 \u00e9l\u00e9ments, est compos\u00e9e de moulages qui pourraient constituer les d\u00e9buts d\u2019une encyclop\u00e9die des formes. On croit reconna\u00eetre une galette de pain libanais, des oeufs dans un panier en osier, des maisons-bulles de l\u2019architecte Antti Lovag, un poulpe, un pavage ancien, une fouille arch\u00e9ologique, une fortification de Vauban, un intestin, une pyramide ou les mamelles d\u2019une truie. Quand on s\u2019immerge dans les compositions d\u2019Andrea Heller, on d\u00e9couvre, en plus d\u2019une beaut\u00e9 initiale, une profondeur, une intensit\u00e9 visuelle, et aussi une conscience sensible du monde. Son attrait pour les m\u00e9t\u00e9orites, les volcans, les grottes et les montagnes t\u00e9moigne d\u2019une \u00e9coute attentive de la vie de la terre. Ses exp\u00e9rimentations architecturales illustrent son int\u00e9r\u00eat pour l\u2019action de l\u2019homme par rapport \u00e0 l\u2019espace, \u00e0 la nature, \u00e0 la m\u00e9t\u00e9orologie ou au corps social. Son rapport au corps humain affirme une fantaisie entre joie et gravit\u00e9. Jeu d\u2019\u00e9chelles et de r\u00e9f\u00e9rences, son travail ne cesse de brouiller les d\u00e9finitions et les sch\u00e9mas de nos certitudes.<\/p>\n<p>1) Cette photo, non dat\u00e9e, appara\u00eet en page 59 du livre monographique<br \/>\nDie Wurzeln sind die B\u00e4ume der Kartoffeln, Zurich,<br \/>\n\u00c9dition Patrick Frey, 2012.<br \/>\n2) Die beruhigende Aura der Tiere, 2005 ; Die Wut ist heftiger als der<br \/>\n\u00c4rger und schwerer zu beherrschen als der Zorn, 2006 ; Hier auf dem<br \/>\nMond ist es auch nicht viel besser, 2006.<br \/>\n3) Lloyd Kahn (ed.), Shelter, Bolinas, California, Shelter Publications,<br \/>\n1973 ; Nomadic Furniture 1 et 2, New York, Pantheon Books, A<br \/>\ndivision of Random House, 1973 et 1974.<br \/>\n4) Das andere Neue Wohnen \u2013 Neue Wohn(bau)formen,<br \/>\n12.11.1986 \u2013 4.1.1987, Museum fu\u0308r Gestaltung Zurich.<br \/>\n5) Plus de 2700 \u00ab dents de dragons \u00bb, des blocs de b\u00e9ton de 9 tonnes,<br \/>\nont \u00e9t\u00e9 \u00e9rig\u00e9s entre 1937 et 1941 comme obstacles antichars,<br \/>\nnotamment au pied du Jura dans le canton de Vaud. Leur forme<br \/>\ntriangulaire rappelle le chocolat Toblerone, ce qui leur a donn\u00e9<br \/>\ncette appellation.<br \/>\n6) C\u2019est aussi le titre du livre publi\u00e9 par \u00c9dition Patrick Frey, 2012,<br \/>\n\u00e0 l\u2019occasion de l\u2019exposition personnelle d\u2019Andrea Heller au<br \/>\nHelmhaus \u00e0 Zurich, 2.12.2011 \u2013 29.1.2012.<br \/>\n7) L\u2019oeuvre est r\u00e9alis\u00e9e \u00e0 l\u2019encre de Chine sur papier d\u00e9coup\u00e9,<br \/>\nrecto verso, et la feuille est prise entre deux plaques de verre<br \/>\nserr\u00e9es par un cadre en bois. Il s\u2019agit d\u2019une \u00e9dition de 10, toutes<br \/>\nl\u00e9g\u00e8rement diff\u00e9rentes.<br \/>\n8) Les dimensions de ces sculptures varient entre 10 et 50 cm de<br \/>\ndiam\u00e8tre.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>(fran\u00e7ais) En 2002, Andrea Heller r\u00e9alise Netze, une oeuvre compos\u00e9e de deux grandes feuilles de papier (250 x 150 cm chacune) sur lesquelles elle dessine \u00e0 l\u2019encre un motif de mailles en losanges, puis d\u00e9coupe tous les vides entre les lignes qui se croisent. L\u2019oeuvre est fix\u00e9e au mur par le haut, et se d\u00e9roule [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":1495,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"ngg_post_thumbnail":0,"footnotes":""},"categories":[28],"tags":[],"class_list":["post-1561","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-28"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.andreaheller.ch\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1561","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.andreaheller.ch\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.andreaheller.ch\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.andreaheller.ch\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.andreaheller.ch\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=1561"}],"version-history":[{"count":12,"href":"https:\/\/www.andreaheller.ch\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1561\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2008,"href":"https:\/\/www.andreaheller.ch\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1561\/revisions\/2008"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.andreaheller.ch\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/1495"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.andreaheller.ch\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=1561"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.andreaheller.ch\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=1561"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.andreaheller.ch\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=1561"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}